Quelle Première Dame pour le Président Trump ?

LA CAMPAGNE 2016 – Fraîchement élu, Donald Trump posera bientôt ses valises à la Maison Blanche accompagné de sa femme Melania. Elle héritera du titre de First Lady, mais sa belle-fille Ivanka, plus populaire, pourrait bien assurer les fonctions de représentations.

Donald Trump, entouré de sa fille Ivanka (à gauche en noir) et de sa femme Melania (à droite en rouge).

Donald Trump, entouré de sa fille Ivanka (à gauche en noir) et de sa femme Melania (à droite en rouge).

« Melania Trump n’est pas aimée, elle n’a pas l’assise nécessaire, elle n’est tout simplement pas faite pour le rôle de Première Dame des Etats-Unis. » Quand elle évoque la femme de Donald Trump, l’historienne spécialiste des First Ladies Régine Torrent ne mâche pas ses mots.  Il faut dire que depuis le début de la campagne les Américains n’ont, eux non plus, pas été tendres avec Melania Trump. Selon un sondage publié par le Washington Post et ABC News, elle a été la potentielle Première Dame la moins populaire depuis 1992. 32% des répondants ont déclaré avoir une opinion défavorable de l’ex-mannequin. Et pourtant, populaire ou non, la victoire de son mari lui octroie automatiquement le titre de Première Dame. Alors, pourquoi tant de haine ?

Pour expliquer ce rejet, Régine Torrent évoque le décalage entre l’image que reflète Melania Trump et l’idée que se font les Américains d’une Première Dame modèle : « Elle est d’origine slovène, elle n’est pas née aux États-Unis, on la voit comme quelqu’un qui ne connaît pas suffisamment bien la culture de ce pays et ses institutions. » Décrite par les médias comme plutôt timide, mal à l’aise avec l’exercice des meetings et des discours, la femme du candidat Républicain s’est faite discrète tout au long de la campagne.

Et ses rares apparitions n’ont pas aidé à redorer son blason. Il y a six mois, à l’occasion de la Convention du parti Républicain, Melania Trump était montée sur scène. Discours, applaudissements, mission accomplie. Sauf que de fins observateurs n’avaient pas manqué de noter la ressemblance entre son texte et celui prononcé par Michelle Obama en 2009.  L’auteure du discours pour Melania Trump a reconnu s’être inspirée de celui de la First Lady sortante.

Et le 3 novembre dernier, nouveau faux pas. Lors d’un meeting à Berwyn (Pennsylvanie), elle affirme sa volonté de combattre le cyber-harcèlement en tant que FLOTUS (First Lady Of The United States). Or, son mari n’est pas un exemple en la matière : certains de ses tweets insultants ont aussitôt été déterrés.

Ivanka, seconde First Lady ?

Malgré cette mauvaise image, Régine Torrent considère que Melania Trump a été un atout pour la campagne de son mari, et le restera durant sa présidence : « La famille Trump permet d’adoucir l’image de Donald, ce qui est important pour les votants. Et pour accompagner le Président et se taire, elle sera très bien, elle rend bien sur les photos.« 

Mais, selon l’historienne, le vrai rôle de First lady ne sera pas assumé par Melania, mais bien par la fille de Donald, Ivanka Trump, âgée de 35 ans. « Le candidat Républicain a déjà laissé entendre qu’il donnerait un rôle important à sa fille. Elle est modérée, populaire, elle connaît les rouages de l’administration, elle présente bien et c’est une businesswoman accomplie. Elle pourrait être l’élément populaire de la présidence de son père.« 

Un tel choix est légalement possible. La Première Dame, si importante soit elle dans la vie publique, n’a pas d’existence officielle dans la Constitution. C’est ainsi qu’à la fin du mandat de Bill Clinton, sa fille Chelsea avait fait office de First Lady lorsque Hillary Clinton avait été élue sénatrice de l’Etat de New York. Et Ivanka a été placée au premier rang pendant la campagne de son père. Lors de la Convention Républicaine de Cleveland, c’est elle, et pas Melania, qui avait été choisie pour présenter le candidat Donald Trump aux délégués.

Un rôle riche en symboles. « On peut donc tout à fait imaginer qu’Ivanka assume les fonctions de Première Dame, reprend Régine Torrent, tandis que Melania restera l’épouse du Président.« 

Léa Dauplé