Longue nuit pour les Young Democrats à Paris

LA CAMPAGNE 2016 – Confiants en début de soirée, les Démocrates réunis à Paris se sont progressivement déconfits à l’annonce des résultats.

Ils étaient venus en toute confiance, pensent rentrer chez eux tôt dans la nuit, une fois la victoire d’Hillary Clinton officialisée. Verre à la main, sourire aux lèvres et l’air détendu en début de soirée, les démocrates réunis à Paris ont pourtant passé une très longue nuit.

L’association des Jeunes Démocrates en France attendait environ 400 à 500 personnes pour sa nuit américaine organisée au Palais de Congrès de Paris. A partir de minuit, Américains, Français et autres, y profitent d’un buffet de hamburgers et de cocktails.

Tout porte à croire qu’il s’agit d’une soirée normale, il est presque possible d’oublier qu’une élection américaine est en train de se jouer. Amy Dutailly, co-présidente des Young Democrats en France assure alors qu’Hillary Clinton a toutes les chances de l’emporter.  A chaque Etat gagné par la démocrate, les invités hurlent de joie et applaudissent avant de reprendre leur conversation animée ou leur danse.

Puis la musique assourdissante se fait plus discrète, les visages plus concentrés. De plus en plus d’Etats sont en train de tomber dans l’escarcelle de Donald Trump, à la surprise générale. A 3h, Jonathan Holler, co-président des Young Democrats en France tempère : « On ne se laisse pas abattre dès qu’un Etat est donné aux Républicains, car cela fait partie du jeu ».  Mais lui qui tente de rester positif jusque dans les heures avancées de la nuit, doit finalement se rendre à l’évidence que la situation tourne à l’avantage des républicains.

A 5h, il ne reste plus qu’une centaine de personnes et nul ne pense encore à mettre de la musique : les yeux sont rivés sur l’écran géant. Quelques applaudissements pour Clinton viennent interrompre un silence pesant.

Khalid est dépité, il garde le sourire seulement pour faire bonne figure. « Je n’arrive pas à croire que l’Amérique ait pu croire en une personne comme Trump, souffle le jeune homme. Même si Hillary finit par gagner, je suis déçu que mon pays soit rentré dans le jeu de Trump« .  Dans un coin de la salle, le petit groupe d’organisateurs de la soirée est accablé.

6h30, la salle doit fermer, et les invités sont abasourdis. Jusqu’au bout certains assurent que le dépouillement n’est pas terminé et que Clinton peut encore gagner mais le ton de leur voix semble indiquer qu’ils essayent surtout de se persuader.

Avant d’inviter tout le monde à quitter les lieux, le co-président de l’association a ces mots : « Ce que ces élections nous prouvent, c’est combien il est important de voter et de s’engager. Nous devons continuer à nous mobiliser, pour que le prochain président soit démocrate. » Mais au fond, ces mots maquillent mal la déception, la tristesse, et la crainte.

Claire Gounon