La nuit Américaine de la Maison de la Radio : du rêve au cauchemar

LA CAMPAGNE 2016 – Déjouant tous les pronostics, Donald Trump a été élu Président des Etats-Unis. A la nuit américaine de la Maison de la Radio, les gens sont hébétés.

Les mines des spectateurs à la maison de la radio sont passées du rouge au gris : déconfites. Il y avait Guillaume, l’étudiant de SciencesPo venu pour s’amuser, reparti dans la confusion : « J’ai cours à 8H ! »

Il y avait Beth, l’Américaine démocrate que tous les journalistes prenaient pour une Républicaine, avec son chapeau aux couleurs du drapeau américain : « Je suis déprimée. ». On oublierait presque Olivier et Cédric, les deux Républicains français qui se réjouissaient dès 3H de la victoire du milliardaire.

La phrase sonne comme un coup de tonnerre dans la maison ronde. Donald Trump, 70 ans, magnat de l’immobilier, outsider Républicain, outrancier et ennemi juré de la bien-pensance est élu 45ème Président des Etats-Unis le 9 novembre 2016.

Certains y ont cru jusqu’au bout. A l’image de ce militant du Modem François-Xavier. Mais à 6H, il lâche : « Ce serait un miracle que Clinton gagne. » Et à cette heure-ci, c’est  les swing states sont tombés dans l’escarcelle du Républicain. C’est plié.

Allongés au sol, les yeux fermés

La très démocrate Maison de la Radio ne l’a pas vu venir. Des milliers de personnes réunies à 18h, il n’en reste qu’une centaine douze heures plus tard. Les américanophiles sont allongés à même le sol, les yeux fermés. Les tubes ont cédé la place au silence assourdissant des « Projections » de la chaîne américaine Fox News.

A chaque résultat, les Démocrates baissent le regard, gênés par la déconfiture d’Hillary Clinton, l’ex-Secrétaire d’Etat battue par un « scandaleux ignorant ». Le journaliste Sylvain Cypel, du Monde, avait prédit la défaite de Donald « Drumpf » face à l’ex-first lady. Il s’est trompé.

A 9h du matin, l’AFP flashe : « Donald Trump élu Président des Etats-Unis ». Le camp Clinton ne s’avoue pas vaincu avant le recomptage des voix.

Mais en France, Marine Le Pen félicite déjà le candidat républicain. Un signe ? Très vite, on apprend qu’Hillary Clinton a téléphoné à Donald Trump pour concéder la victoire.

Dans le train qui ramène de Paris à Lille, l’ambiance est glaciale. Les passagers commentent les résultats Etats par Etats, tentent d’élucider la surprise Trump. « On aurait dû s’en douter depuis le début. », peut-on entendre dans les travées du TGV.

Personne n’avait prévu une telle débâcle. La nuit Américaine de la Maison de la Radio a tourné au cauchemar.

Marie Albert