Donald Trump Président : une très mauvaise nouvelle pour la planète

LA CAMPAGNE 2016 – L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis affole les milieux diplomatiques et économiques. Mais l’avènement de ce milliardaire climatosceptique à la tête du pays le plus influent de la planète est également une très mauvaise nouvelle pour l’écologie mondiale.

Donald Trump est riche, excentrique, xénophobe et sexiste. Mais il est aussi climatosceptique. Et cette facette de sa personnalité pourrait bien avoir des conséquences au-delà de son propre pays : l’impact de la politique environnementale américaine dépasse les frontières des Etats-Unis.

Un climatosceptique assumé

Tout au long de sa campagne pour les primaires Républicaines, puis pour l’accession à la Maison Blanche, Donald Trump a été très clair : pour lui, le réchauffement climatique n’existe tout simplement pas. Tellement pas qu’il s’adonne sans complexe à l’une des plaisanteries favorites des climatosceptiques : souhaiter un changement climatique soudain pour ne pas souffrir du froid hivernal.

"Il fait vraiment froid dehors, ils appellent ça un grand froid, avec des semaines d'avances. Les gars, on devrait utiliser une bonne grosse dose de réchauffement climatique !"

« Il fait vraiment froid dehors, ils appellent ça un grand froid, avec des semaines d’avances. Les gars, on devrait utiliser une bonne grosse dose de réchauffement climatique ! »

Et pour bien faire comprendre au monde entier qu’il ne s’inquiète pas le moins du monde pour l’évolution climatique de la planète, « The » Donald a fait savoir très clairement qu’il s’opposerait à la Cop21. Le 26 mai dernier, alors qu’il venait d’obtenir le nombre de délégués requise pour l’investiture républicaine, il déclarait : « Je vais annuler l’accord de Paris sur le climat. »
The Guardian

C’est dit. Pour lui, « il faut se débarrasser de certaines régulations » qui « tuent l’emploi et le commerce ». Et d’ajouter : « Cet accord donne à des bureaucrates étrangers le contrôle sur la façon et la quantité d’énergie que nous pouvons consommer dans notre pays. Pas question ! »

Objectif : consommer au maximum les ressources du pays

Consommer la quantité d’énergie disponible dans le sol des Etats-Unis, le nouveau Président y compte bien. A commencer par le gaz et le pétrole de schiste. Lorsqu’il n’était encore qu’un candidat, Donald Trump avait ainsi déclaré : « Si nous ne développons pas la fracturation hydraulique, nous resterons dépendants du Moyen-Orient pour notre énergie ». L’homme d’affaires devenu dirigeant politique a ainsi prévu dans son programme d’assouplir la réglementation, pour permettre aux compagnies de forages de gagner en compétitivité.

Compétitivité, productivité, rentabilité… Homme d’affaires, Donald Trump l’est sans doute toujours. Autre indice de sa future politique écologique : il a indiqué qu’il pourrait revenir sur l’annulation du projet d’oléoduc Keystone XL, abandonné par Barack Obama. Cet oléoduc devait relier le Canada au Golfe du Mexique. Sa fonction : acheminer le sables bitumineux de l’Alberta vers les raffineries américaines. Sous la présidence américaine, ce projet pourrait bel et bien voir le jour, à condition de maximiser les bénéfices financiers pour les Etats-Unis, bien sûr.

Autre retour en arrière prévisible : Donald Trump devrait redonner la part belle au charbon… Et effacer les mesures récentes prises par l’administration Obama. Toujours fidèle à sa logique économico-industrielle, fermer des centrales à charbon et en interdire la création est pour lui une « stupidité ».

L’environnement : ennemi de l’économie

Pour résumer, la présidence de Donald Trump sur le plan écologique devrait suivre un principe univoque : protéger l’environnement détruit l’économie. Dans la droite ligne du populisme climatosceptique qu’il a régulièrement développé pendant sa campagne, le nouveau Président des Etats-Unis devrait prioriser la santé économique de son pays sur la santé écologique de la planète.

A moins bien sûr, que l’on transforme le monde entier en un gigantesque golf. Au printemps dernier, Donald Trump aurait en effet réclamé la construction d’un mur pour protéger son golf irlandais de l’érosion côtière. Une érosion côtière liée à la montée du niveau de la mer, elle-même liée à ce vaste canular qu’est le réchauffement climatique.

Elise Racque