A quoi ressemblera le mandat de Donald Trump ?

LA CAMPAGNE 2016 – Magnat de l’immobilier, star de la télé-réalité, milliardaire et… Président des Etats-Unis. Le candidat Républicain que rien ne destinait à investir le Bureau ovale vient de créer la surprise. Mais à quoi pourra ressembler le mandat de Donald Trump ?

1- Il va se “débarrasser” des immigrés mexicains et des musulmans

Donald Trump n’a jamais vraiment caché son aversion pour les immigrés mexicains. Lors de sa déclaration de candidature, le candidat Républicain avait ajouté :

« Quand le Mexique nous envoie ses gens, ils n’envoient pas les meilleurs éléments. Ils envoient ceux qui posent problèmes. Ils apportent avec eux la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs ».

Depuis, Trump a promis de construire un mur de 3 000 kilomètres de long à la frontière mexicaine, pour bloquer le passage des migrants. “Je vais construire un grand mur sur notre frontière sud, et le Mexique paiera pour le construire. Prenez-en bien note », a-t-il déclaré.

Autre lubie : il veut expulser onze millions d’immigrants sans papiers vivant actuellement sur le territoire. Tout en supprimant le droit du sol pour éviter que des enfants nés sur le sol américain de parents étrangers ne prennent la nationalité.

Les musulmans sont aussi pris pour cible par Donald Trump. Suite à la tuerie de San Bernardino, il avait suggéré une fermeture totale des frontières américaines aux musulmans. En juin dernier, il avait finalement “assoupli” sa position, en précisant que l’interdiction concernerait seulement les ressortissants des seuls pays qualifiés “d’Etats terroristes”.

2- Il fera régresser le droit des femmes

En plus des minorités, les femmes sont aussi allègrement moquées par Trump, qui ne cesse d’enchaîner les dérapages sexistes. Début octobre, le Washington Post avait publié une vidéo dans laquelle le candidat Républicain proférait des propos misogynes.

« Et quand tu es une star, elles te laissent faire. Tu fais tout ce que tu veux. Tu peux les attraper par la chatte”, avait-il déclaré à un animateur de télévision.

Les journalistes qui l’interrogent n’ont pas droit à plus de respect. Lors du premier débat républicain des primaires, le milliardaire avait copieusement insulté la journaliste Megyn Kelly, insinuant qu’elle le traitait durement parce qu’elle avait ses règles:

On pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son… où que ce soit”

Ses positions sur les droits des femmes sont en corrélation avec ses propos sexistes. Le promoteur immobilier s’est ouvertement prononcé contre l’avortement, pourtant légalisé sur tout le territoire en 1973. Il avait même déclaré vouloir mettre en place “une certaine forme de punition”. Face au tollé qu’avait provoqué cette déclaration sur la chaîne MSNBC, le candidat à la présidentielle était revenu sur ses déclarations, précisant que seuls les médecins pratiquant les IVG seraient sanctionnés.

3- Il utilisera la torture pour lutter contre le terrorisme

Donald Trump s’est dit favorable au retour de la simulation de noyade, une méthode d’interrogatoire considérée comme un acte de torture. Hérité de l’ère Bush au lendemain du 11 septembre, cet acte avait été condamné par les Nations Unies puis interdit par le Président Obama.

« Je pense que la simulation de noyade c’est de la gnognotte par rapport à ce qu’ils nous font subir« , avait déclaré Donald Trump, en faisant référence à la décapitation du journaliste américain James Foley par l’Etat Islamique.

4- Il fera exploser la dette américaine

Sur le plan fiscal, Donald Trump a promis de réduire drastiquement les impôts. La taxe sur les sociétés passerait de 25 à 15% tandis que l’impôt des particuliers serait plafonné à 25%, contre 40% actuellement. Un programme fiscal intéressant pour les citoyens américains, mais moins pour les caisses de l’Etat.

Certains économistes estiment d’ailleurs que le programme de Trump est irréaliste. Selon le Committee for a Responsible Federal Budget, le programme de Donald Trump coûterait près de 15 mille milliards de dollars sur dix ans. Cela équivaudrait à faire passer la dette des Etats-Unis de 86% en 2026 (si les politiques menées par le gouvernement Obama restaient en place) à près de 140%.

5 – Il mènera une politique étrangère désastreuse

Make American Great Again”. Le slogan de Donald Trump marque sa volonté de réaffirmer la place des Etats-Unis sur la scène des relations internationales.

D’un point de vue économique d’abord, l’homme d’affaire pourrait déclencher une guerre économique avec la Chine, qu’il accuse d’avoir envahi le marché américain :

« Ils ont pris nos emplois, ils ont pris notre argent. Ils ont tous pris, a-t-il ainsi lancé en parlant du gouvernement chinois. Ce qu’ils nous ont fait est la plus grande escroquerie de l’histoire de l’Humanité ».

Il exige que la Chine ouvre son marché aux produits made in USA et menace d’imposer une taxe de 45% sur tous les produits venant de ce pays. Cette décision provoquerait une forte augmentation des prix des produits chinois et aurait de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat des Américains.

Sur le plan diplomatique, Donald Trump remet en cause le traité de l’OTAN. Dans un entretien donné au New York Times le 20 juillet, il critique l’engagement systématique de son pays dans la défense de ses alliés. Il a notamment précisé que si la Russie attaquait les pays Baltes, il vérifierait avant tout que ces derniers aient “bien respecté leurs obligations” vis-à-vis des Etats-Unis. C’est la première fois qu’un candidat à la présidentielle parle de “conditions” pour la défense de ses alliés.

Concernant la guerre en Syrie, le milliardaire préfère laisser la Russie intervenir. Il a d’ailleurs exprimé son refus d’accueillir des réfugiés syriens sur le territoire américain. Il a également appelé à la destruction de l’Etat Islamique, mais uniquement en Irak où il compte récupérer les puits de pétrole aux djihadistes pour les priver de revenus.

Mais il ne s’agit là que de scénarios. Car même si Donald Trump est désormais élu, il aura du mal à réaliser toutes ces propositions. D’une part, parce que le président américain partage notamment le pouvoir avec le Congrès, qui peut le destituer. D’autre part, c’est également cette institution qui choisit de déclarer la guerre et qui lève l’impôt. Trump a donc fait beaucoup de propositions sur lesquelles il n’a en réalité aucun pouvoir… Reste à savoir si le Congrès, pour l’instant à majorité républicaine, le suivra dans son programme…

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Marie-Charlotte Perrier