Trump et Poutine, la liaison dangereuse

L’AMERIQUE D’AUJOURD’HUI – Un “leader”, un homme fort qui “représente son pays”. Donald Trump ne tarit pas d’éloges sur Vladimir Poutine, et prévoit de se rapprocher du gouvernement russe une fois élu. Une attitude ambivalente qui va à l’encontre de la diplomatie américaine et inquiète l’Europe. 

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Vladimir Poutine? « Un leader » pour Donald Trump. Russophile convaincu, le candidat à la présidentielle américaine fait de son mieux pour entretenir de bonnes relations avec le Kremlin. Echanges de compliments, critique de la politique d’Obama, projets de rapprochement…

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Vous pensez que Poutine va se rendre au concours de beauté Miss Universe
en novembre, à Moscou ? S’il le fait, il deviendra mon nouveau meilleur ami.

Des démonstrations d’amitié qui gênent, quand la diplomatie américaine est en froid avec le Kremlin. Le parti Républicain est traditionnellement hostile à la Russie depuis la Guerre froide, et grince des dents en voyant l’attitude de son candidat.
Cette amitié serait-elle alors motivée par des intérêts économiques ? Donald Trump n’a jamais réussi à implanter ses activités en Russie, malgré quelques tentatives infructueuses.

Dans l’équipe de campagne du milliardaire, plusieurs proches du Kremlin. Paul Manafort, directeur de campagne, est même forcé de démissionner pour corruption. Il avait reçu de l’argent de l’ex-président d’Ukraine, proche de Poutine. Quant à Carter Page, conseiller en politique extérieure, il a fait carrière dans la société Gazprom, entreprise d’Etat russe.

Les Russes, soupçonnés d’intervenir dans la campagne

Le week-end du 22 et 23 juillet, 20 000 e-mails de responsables démocrates sont publiés sur le site Wikileaks. Pour la direction du renseignement américain, c’est l’œuvre d’un groupe de hackers russes, déjà entrés dans la base de données du parti en juin. Un vol à coloration politique pour le département de la Sécurité intérieure : « les vols et piratages ont pour but d’interférer dans le processus électoral américain. »

Pour Hillary Clinton, les Russes cherchent à peser dans la balance électorale, en faveur du candidat républicain. Le Kremlin et Wikileaks, de leur côté, démentent toute intervention russe. En conférence de presse, le candidat à la présidentielle brouille les pistes : il invite la Russie à “trouver les 33 000 mails perdus d’Hillary ».

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Si la Russie, un autre pays ou n’importe qui détient les 33 000 mails effacés illégalement par Hillary Clinton,
ils auraient peut être intérêt à les partager avec le FBI !

Une nouvelle diplomatie favorable au Kremlin

« Je pense que [ Vladimir Poutine et moi ] nous nous entendrons très bien ! » affirme Donald Trump. Le principal intéressé tempère : « La Russie travaille avec tout président élu par les Américains, quel qu’il soit. »

Première main tendue : la reconnaissance de l’annexion illégale de la Crimée. Aujourd’hui, seuls quatre pays des Nations Unies considèrent la Crimée comme un territoire russe. Une inflexion dans la politique menée en Ukraine est aussi envisageable. Donald Trump a fait modifier une proposition de la plateforme électorale de son parti. Plutôt que de fournir des « armes défensives » aux Ukrainiens pro-Europe et opposés à Moscou, c’est une « aide appropriée » qui sera proposée.

L’aversion que porte le républicain à l’OTAN est commune aux deux hommes politiques. Vladimir Poutine considère la puissance comme contraire à aux intérêts de son pays. Si Donald Trump met en place une politique non-interventionniste, comme annoncé, il laisserait alors la porte ouverte à la Russie en Europe de l’Est. Un projet qui inquiète l’Union Européenne, et amène les dirigeants à repenser leur stratégie de défense.

 

Juliette Démas