Non, les électeurs de Trump ne sont pas que des ouvriers blancs

L’AMERIQUE D’AUJOURD’HUI – Qui sont ces Américains prêts à voter pour Donald Trump. Pas exactement les ouvriers blancs déclassés racontés dans les médias.

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A l’inverse de ce que prédisaient les analyses au début de la campagne présidentielle, plusieurs études menées auprès de l’électorat américain depuis l’investiture des candidats ont révélé que les électeurs de Trump ne sont pas majoritairement de citoyens blancs affectés particulièrement par la crise économique.

Selon les statistiques sur les caractéristiques des électeurs de Trump, ces derniers ont un revenu médian supérieur à ceux de la plupart de ses adversaires, dont Hillary Clinton.

Un revenu médian supérieur à la moyenne nationale

Si, dans le contexte américain, on peut qualifier les électeurs de Trump de « classe ouvrière », il est important d’insister sur l’approche différente des notions  avec la France. Aux Etats-Unis, l’appartenance à la « working class »  est beaucoup plus culturelle qu’économique. Un artisan peut avoir un revenu semblable à celui d’un avocat mais avoir davantage de points communs avec un ouvrier. En se référant aux résultats des primaires, les études ont montré que les électeurs de Trump sont beaucoup plus aisés que les autres Américains. Avec 72 000 dollars, leur revenu médian annuel est supérieur à la moyenne nationale estimée à 56 000 dollars. Ceux de Clinton et de Sanders avaient un revenu moyen de 61 000 dollars.

La différence réside au fait que l’électorat républicain est historiquement un électorat riche. Et comparé à d’autres candidats républicains comme John Kasich (91 000 dollars), Trump avait un électorat moins nanti.

Des blancs peu diplômés

Les résultats des primaires ont par contre démontré que le magnat de l’immobilier avait  un électorat plus présent dans les populations les moins instruites. Selon les statistiques disponibles, seuls 44 % d’entre eux avaient un diplôme universitaire. Ce qui reste inférieur aux soutiens de Ted Cruz (50 %) ou de Kasich (64 %). Mais globalement, ce niveau est bien au dessus des 33 % d’électeurs blancs adultes non hispaniques en général.

Les analystes établissent également une corrélation entre l’économie d’une région et l’intention de vote. Les régions à vieille économie (agriculture, bâtiment, commerce, industrie) sont beaucoup plus susceptibles de voter pour Donald Trump.

Cette tendance s’explique par l’inquiétude existentielle de ces électeurs quant à l’avenir économique du pays qui n’a rien à voir avec leur situation personnelle.

Selon un article du Washington Post, les revenus des hommes blancs ont  tendance à stagner depuis 1967 alors que celui des femmes (blanches ou noires) a presque doublé. Celui des Afro-Américains a également connu une certaine hausse depuis 1996.

Avec respectivement 24 et 21 % d’intentions de vote de plus que Clinton, Trump a la faveur des pronostics chez les hommes blancs et les blancs non diplômés.

Rodrigue Tagnan et Viviane Nkurunziza