Donald Trump et le Ku Klux Klan : un amour à sens unique ?

LA CAMPAGNE 2016 – L’organisation conservatrice et xénophobe soutient Donald Trump. Faut-il pour autant faire l’amalgame entre les deux ? La réponse est non. Mais…

Il fut un temps, on pouvait, aux Etats-Unis, lyncher des Noirs sous l’impunité d’une cagoule blanche.  Ku Klux Klan, KKK ou juste « le Klan ».  Fondée en 1865, la sinistre organisation suprématiste blanche a fait régner la terreur au sein de la communauté afro-américaine pendant près d’un siècle, avant sa disparition officielle en 1944.

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La cape blanche immaculée à cagoule pointue était l’uniforme officiel du KKK

Quel rapport avec Donald Trump ? Patience. 1944 a certes vu disparaître le Klan et son action violente, mais son idéologie conservatrice et xénophobe lui a survécu. Des ersatz ont vu le jour, qui continuent de porter le discours de l’organisation mère. C’est le cas des Knights of the Ku Klux Klan, en Arkansas, organisation dérivée du KKK considérée comme la plus importante aux États-Unis.

C’est là qu’on en arrive à ce cher Donald Trump. Vous connaissez David Duke ? Probablement pas. Fin février 2016, cet ancien fondateur des Knights of the Ku Klux Klan a apporté un soutien appuyé au candidat républicain,  qui lui a attendu fin août – soit plusieurs mois ! – avant de prendre ses distances avec ce triste allié, comme l’expliquent nos confrères de LCI.

Un peu pot de Kolle, le Klan

Débarrassé du KKK, Donald Trump ? Pas vraiment : le sieur Duke ne se laisse pas éconduire si aisément. Il a remis le couvert il y a quelques jours, lors d’un débat dans l’état de Louisiane. Et ce n’est pas tout ! La semaine dernière, dans son édition d’automne du mercredi 2 novembre, le journal The Crusader, organe de presse officiel du Klana titré sa Une « Make America Great Again ». Ça vous dit quelque chose ? Normal : c’est le slogan de campagne de Donald Trump.

L’article publié en Une du Crusader n’appelle pas ouvertement l’électorat américain à voter pour le candidat républicain. Mais son auteur Thomas Robb, interrogé par le Washington Post dit, à propos de Trump  : « dans l’ensemble, nous [le KKK] aimons bien ses idées nationalistes et ses propos sur la fermeture des frontières aux étrangers illégaux ». Le Crusader précise quand même ne pas lui apporter de soutien officiel, « parce que, comme tout le monde, il y a des choses avec lesquelles nous sommes en désaccord ».

Lourd passé

Comme si cela ne suffisait pas, un article de l’illustre New York Times de 1927, repéré par le Washington Post, raconte que le père de Donald Trump « a été arrêté pendant une émeute provoquée par le Ku Klux Klan et un groupe de sympathisants fascistes le jour du Memorial Day » cette année-là, comme l’expliquent nos confrères de Slate.fr. Néanmoins, rien ne permet de dire si celui-ci a participé aux débordements ou s’il n’a été que témoin de la scène.

Cerise sur le gâteau : il existerait une photo du candidat républicain entouré de ses deux parents grimés en membres du KKK. Halte-là, il s’agit d’un hoax, savamment démonté par nos collègues des Décodeurs, du Monde.fr.

Morale de l’affaire : le Ku Klux Klan aime Donald Trump, mais Donald Trump, aussi controversés soit-il, n’aime pas le Ku Klux Klan. Même s’il a mis du temps à le dire.

Laszlo Jalladeau